Architectes

L’imagination est le point de départ, elle se prolonge dans le concret de nos études, et se nourrit de la rigueur, l’exigence, et des règles pour conjuguer l’aspect, le sens, la forme et le fonctionnement. Il n’est pas suffisant de se couler dans l’air du temps ni de succomber aux modes, car il vaut mieux bâtir pour la durée une œuvre servante qui saura trouver sa place dans la ville. A lui seul, le travail du projet est un bonheur renouvelé dont on attend la réalisation afin d’en concevoir un autre… puis un autre encore.

L’effet n’est pas notre choix, nous travaillons à hauteur d’homme, car l’architecture doit être à vivre autant qu’à regarder. Elle doit parler aux gens, à ceux qui passent comme à ceux qui habitent, c’est là un exercice subtil et captivant. Ces choix constituent une façon de penser le projet, en perpétuel renouvellement, pour donner des réponses spécifiques à des contextes différents.

Une architecture se situe toujours quelque part, à un certain moment. Poser une construction s’adresse tout à la fois à un lieu, son histoire et la manière dont on y vit. Le regard qu’on y porte ne détermine en rien la forme à concevoir, mais nous amène à faire avec ce qui est là, ou qui a précédé, et c’est l’adéquation avec l’esprit du lieu qui donnera du poids et du sens au projet.

Toutefois nous savons que ce métier est aussi un service, issu de la rencontre entre un commanditaire et son architecte. La confiance, la volonté d’écoute, la vigilance réciproque instaurées dans cette relation contribueront à la qualité du projet.

La nécessité de construire deviendra alors plaisir de bâtir.

François Paumier